Aout – Saint Bernard

Mois d’Août

SaintBernard-510

Solennité de Saint Bernard (20 août)

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur »

Mais comment aimer Dieu ?

Quels en sont les degrés ?

Ecoutons Saint Bernard dans le traité pour l’amour de Dieu (extraits)

Le premier et le plus grand commandement est celui-ci : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu ». Mais notre nature est faible ; en nous le premier degré de l’amour c’est de nous aimer nous-mêmes avant tout autre chose, pour nous-mêmes… Pour nous empêcher de glisser trop sur cette pente, Dieu nous a donné le précepte d’aimer notre prochain comme nous-mêmes… Or nous constatons que cela n’est pas possible sans Dieu, sans reconnaître que tout vient de lui et que sans lui nous ne pouvons absolument rien. A ce deuxième degré donc l’homme se tourne vers Dieu, mais ne l’aime encore que pour soi et non pour lui…

Il faudrait cependant avoir un cœur de marbre ou de bronze pour ne pas être touché par le secours que Dieu nous donne quand nous nous tournons vers lui dans les épreuves. Dans les épreuves il nous est impossible de ne pas goûter combien il est doux (Ps 33,9). Et bientôt nous commençons à l’aimer plus à cause de la douceur que nous trouvons en lui qu’à cause de notre propre intérêt… Quand nous en sommes là, il n’est pas difficile d’aimer notre prochain comme nous-mêmes… Nous aimons les autres comme nous sommes aimés, comme Jésus Christ nous a aimés. Voilà l’amour de celui qui dit avec le psalmiste : « Chantez les louanges du Seigneur, car il est bon » (Ps 117,1). Louer le Seigneur non pas parce qu’il est bon pour nous, mais simplement parce qu’il est bon, aimer Dieu pour Dieu et non pour nous-mêmes, c’est le troisième degré de l’amour.

Heureux ceux qui ont pu monter jusqu’au quatrième degré de l’amour : ne plus s’aimer soi-même que pour l’amour de Dieu… Quand est-ce que mon âme, enivrée de l’amour de Dieu, s’oubliant elle-même, ne s’estimant pas plus qu’un vase brisé, quand est-ce qu’elle s’élancera vers Dieu pour se perdre en lui et ne plus être qu’un seul esprit avec lui ? (1Co 6,17) Quand pourra-t-elle s’écrier : « Ma chair et mon coeur sont consumés, Dieu de mon cœur, Dieu ma part pour l’éternité » (Ps 72,26) ? Saints et heureux, ceux qui ont pu éprouver quelque chose de semblable pendant cette vie mortelle, même rarement, même une seule fois. Ce n’est pas un bonheur humain, c’est déjà demeurer au ciel.

Saint Bernard – Traité pour l’amour de Dieu – Chapitres VIII à X – Extraits
Texte intégral

 


Solennités en juillet

Cette page indique uniquement les Solennités et autres fêtes ou particularités du mois.
En dehors de ces jours, consulter les Horaires Messes et Offices

MERCREDI 11 JUILLET – Solennité de Saint Benoît – Patron de l’Europe

Horaire du dimanche – Messe à 10h

SAMEDI 14 JUILLET – Mémoire de la Vierge Marie

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h00 : Vêpres

N.B. – tous les lundis, jour de désert, vêpres à 18h

Calendrier du mois : Messes-Juillet-2018


Juillet – Saint Benoit

Mois de JuilletSaint-Benoit-dans-la-grotte-Meister-von-Meßkirch

Dans la foi et la douceur

Suivons le chemin de sainteté

Chemin tracé par Moïse et Benoît

Ecoutons Guerric d’Igny dans son sermon 4 pour la Saint Benoît (11 juillet)

« Dans la foi et la douceur, Dieu en fit un saint. » Ces paroles ont été écrites de Moïse, mais aujourd’hui, ce n’est pas mal à propos, je pense, qu’on les applique au bienheureux Benoît : s’il fut rempli de l’esprit de tous les saints, il participa surtout, croyons-le, et dans une large mesure, à l’esprit de Moïse.

Celui-là fut à la tête de ceux qui sortirent d’Égypte, celui-ci de ceux qui renoncent au siècle. Celui-là fut un législateur, celui-ci le fut aussi. Celui-là ministre de la Loi qui tue, celui-ci de l’esprit qui vivifie. Celui-là, guide des enfants d’Israël qu’il fit sortir d’Égypte, sans pourtant les introduire dans le repos promis ; notre guide sur la voie droite, le chemin de l’Orient, nous a précédés aujourd’hui au Royaume des cieux, comme porte-drapeau de l’armée des moines. Aussi ne paraîtra-t-il pas mal à propos d’appliquer à Benoît ce qui fut écrit de Moïse : « Dans la foi et la douceur, il en fit un saint. » D’autant que ce sont surtout ces deux vertus, la foi et la douceur, que nous apprend ce maître qui jamais ne vécut autrement qu’il enseigna.

Qu’y a-t-il, en effet, de plus éclatant que la foi de celui qui, encore adolescent, dédaigneux du monde qui lui souriait, foula aux pieds aussi bien le monde que sa chair, comme s’ils étaient déjà fanés bien qu’ils fussent en leur fleur ? Il désirait plutôt souffrir pour Dieu les maux de ce monde, que d’y jouir d’une réussite éphémère. Et quoi de plus saint que la douceur de notre Père, qui ne put être altérée par la méchanceté des faux frères qui en voulaient à sa vie, lui présentant du poison au lieu de vin ? L’Écriture dit bien de Moïse, qu’il fut le plus doux des hommes sur la terre ; ne dit-elle pas pourtant que son esprit s’emporta ? Ne rappelle-t-elle pas qu’il s’irrita, et s’irrita violemment contre ceux qui s’opposaient à lui ? Quant à la douceur de notre Maître, non seulement elle fut admirable envers les médisants, mais aussi envers les malfaisants ; je ne me rappelle pas qu’il fût pour lui question de colère.

C’est « dans la foi et la douceur » que vous aussi, frères, vous serez saints. Et votre douceur sera sans équivoque si la foi la précède ; du moins s’il s’agit d’une foi non pas menteuse, mais véritable, non pas morte, mais vive et vivante. Car le moyen de compter pour rien les biens temporels, c’est de fixer les yeux sur les biens éternels ; le moyen de mépriser facilement la puissance des hommes, c’est de craindre comme toujours menaçante la puissance de Dieu. Double attitude qui résulte de la seule foi. Celle-ci a les yeux si vifs et si pénétrants qu’elle porte avec acuité son regard sur les réalités à venir, tandis qu’elle fixe avec perspicacité sa vue sur les réalités présentes, quoique cachées. Éclairée, comme elle l’est, de l’Esprit éternel, la foi ne peut pâtir ni de la longueur du temps, ni de l’opacité des corps ; elle peut à la fois anticiper le temps et saisir d’avance l’avenir, dépasser les corps pour contempler le spirituel.

Veillez donc, frères, tenez-vous fermes dans la foi. Lorsque la foi nous provoque à la crainte, on ne peut s’endormir par négligence ; lorsque la foi nous enracine dans l’espérance, on ne peut chanceler par défiance. Mais faites toutes vos actions dans la charité, de sorte que la douceur se joigne à la foi et que l’on dise de chacun d’entre vous : « Dans sa foi et la douceur, le Seigneur en a fait un saint. »

Bienheureux Guerric d’Igny – Sermon 4 pour la Saint Benoît – 1-3, 6 – Extraits
Texte intégral

Qui est Guerric d’Igny – Abbé cistercien (vers 1080 – 1157)

La naissance de Guerric se situe entre 1070 et 1080 à Tournai, donc 10 à 20 ans avant celle de Bernard. Il reçoit son éducation à l’école cathédrale de Tournai : humanité, dialectique et théologie, ce qui lui vaudra un talent d’écrivain bien formé et développé. Sans doute bénéficiera-t-il de l’enseignement d’un maître fameux, Odon de Cambrai. Sans doute aussi sera-t-il chanoine de la cathédrale et chargé de l’école cathédrale. Mais, en 1116, il décide de mener la vie érémitique et se retire dans une petite maison, à proximité de l’église. Il entend parler de saint Bernard par deux de ses amis et visite Clairvaux en 1120, sans avoir l’intention d’y rester. Mais Bernard qui reconnaît en lui l’étoffe d’un bon moine, le presse d’entrer. Le voici novice à Clairvaux, un novice plus âgé que son abbé, et sur le plan humain, doté de plus d’expérience et de maturité. Guerric reste 13 ans à Clairvaux, période qui coïncide avec le plein épanouissement des dons de Bernard et sa meilleure production littéraire. Puis vers 1138, il est envoyé à Igny, en Champagne, qui a été fondée en 1128, et il en devient abbé. Il a environ 60 ans. Sa mauvaise santé le rend incapable de mener la vie commune et de prendre sa part du travail manuel. Il le regrette, car il voit dans cette observance du travail des mains une des voies où l’on rencontre Jésus. Sous l’abbatiat de Guerric, Igny prospère, les vocations arrivent nombreuses. Pourtant c’est uniquement à son œuvre, à ses sermons que sera due l’influence postérieure de Guerric qui meurt en 1157. Nous n’avons de Guerric que le recueil de ses sermons. Tous, sauf le dernier, ont pour sujet les fêtes de l’année liturgique. Guerric y insiste sur les mystères liturgiques et sur la formation du Christ en l’âme de ceux qui y participent. En maints endroits, il reprend l’idée origénienne de la conception et de la naissance du Christ en l’âme. En recevant les sacrements et en imitant le Seigneur, nous le faisons naître en nous. L’âme devient alors « Mère du Christ », et Celui-ci nous donne la vraie vie en communiquant l’Esprit qui procède du Père et de lui.

Voir également la page « Quelques auteurs cisterciens »


Concert à l’abbaye – 24 juin

Dimanche 24 juin – 18h00

Concert Olivier Mottet et Roche Colombe

« MES ARMES » d’après Thérèse de Lisieux – Harpe et autres chansons…

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D’après des poèmes de sainte Thérèse, mise en musique par Olivier Mottet et Roche Colombe.

Entrée libre

Parking assuré ⇒ Accès à l’abbaye


Juin – Esprit de Pentecôte

Mois de Juin

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Pourquoi la venue de l’Esprit

L’Esprit Saint nous a été donné au jour de Pentecôte

Continuons de le faire fructifier

Ecoutons Isaac de l’Etoile dans son sermon 3 pour la Pentecôte

« La charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ». Il ne suffisait pas, mes bien-aimés, que le Fils de Dieu nous fût donné, selon la parole : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » ; il fallait encore qu’on nous fasse don de l’Esprit Saint. Et le Père lui-même ne nous sera-t-il pas donné un jour, pour que nous qui ne sommes rien, nous recevions le Tout, pour que nous qui avions perdu toute humanité, nous soyons enrichis de toute la divinité ?

« Qui a rien entendu de pareil ? ». Nous étions aveugles : la lumière qui venait nous illuminer est née dans les ténèbres : et ce fut la naissance du Christ pour nous, de nous, chez nous. Cette naissance, acceptée pour nous, il nous l’a aussi proposée : et ce fut le baptême du Christ pour nous, comme une autre naissance qui nous fît naître en lui, lui qui était né en nous. Et ainsi, lui fut en nous, comme nous en lui : lui, Fils de l’homme, né par l’Esprit Saint, de la Vierge Marie ; nous, fils de Dieu, nés par le même Esprit, de la Vierge Église.

Mais alors, je le demande, si les solennités précédentes nous garantissent une telle abondance de grâces, quel besoin y a-t-il de la bienveillante célébration d’aujourd’hui ? Le Fils de l’homme est venu pour nous servir et pour livrer cette âme bien-aimée qu’est la sienne, la donnant en rançon pour la multitude. Qui a jamais rien vu de pareil ? Notre Seigneur est en tout notre serviteur. Et quel serviteur empressé ! C’est pour nous qu’il naît, pour nous qu’il vit, pour nous qu’il meurt, pour nous qu’il ressuscite, pour nous qu’il s’élève, comme il l’a dit : « Je vais vous préparer une place ».

Alors la question se pose à nouveau : à quoi bon la solennité d’aujourd’hui ? Que pourra faire de plus cet autre Consolateur ? Voici que l’homme est juste en ce qui regarde le passé : que fera-t-il dans l’avenir, lui qui « tombe sept fois le jour » ? S’il tombe, qui le relèvera ? Il est dit : « Malheur à qui est seul ! S’il tombe, il n’y a personne pour le relever ». J’ose le dire, sans l’Esprit il est seul. Oui, qui a le Christ seul, sans l’Esprit, est seul. Ce n’est pas en effet sans raison que l’Esprit est envoyé après le Christ : « Il vous est bon, dit-il, que je m’en aille ; autrement, le Paraclet ne viendra pas ».

Telle est, bien aimés, la grâce de ce jour : par l’Esprit la grâce est donnée après la justification ; et l’esclave qui avait été libéré par le Fils devient aujourd’hui ami par l’Esprit. Aujourd’hui, la justification ayant payé l’offense, le maître embrasse son serviteur, ou plutôt l’ami embrasse son ami “d’un baiser de sa bouche”. Si en effet le Fils peut être regardé comme la bouche du Père, l’Esprit peut à son tour être appelé le baiser de sa bouche. Ce baiser est donc le sceau de la dilection et de l’amour pour l’avenir. Et « l’amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ». L’amour couvre tout ; la charité ne compte pas ; la charité supporte tout, excuse tout, pardonne tout. Celui qui a été justifié par le Christ tombe sept fois le jour par sa faute ; sept fois le jour, il est relevé par l’Esprit.

Aujourd’hui donc, par le Christ qui intercède pour nous, Dieu nous a donné sa charité et son amour. Comme Dieu s’est réconcilié le monde par le Christ, en qui il était, ne lui tenant plus compte de ses fautes passées, de même, par l’Esprit en qui il était aussi, il s’est uni ce monde réconcilié, ne lui tenant pas compte des fautes à venir. De là cette parole : « Heureux l’homme à qui le Seigneur n’a pas tenu en compte son péché ». Par le Christ il pardonne tout ; par l’Esprit il ne demande compte de rien. Le Christ est en quelque sorte médiateur pour la justification ; l’Esprit, médiateur pour l’amitié. Le Christ, pour la vérité ; l’Esprit, pour la charité. Le Christ, pour remettre les péchés ; l’Esprit, pour conserver la grâce. Le Christ, pour pardonner ; l’Esprit, pour persévérer. Le Christ, pour délier ; l’Esprit, pour relier. Pourtant le Christ et l’Esprit opèrent tout indivisiblement. Car le Père, le Fils et l’Esprit Saint opèrent tout ensemble et pareillement, eux qui sont un sans confusion et trois sans division.

Qui est Isaac de l’Etoile

De nationalité anglaise, né vers 1110, venu en France tout jeune pour achever ses études, Isaac entre sans doute à l’abbaye de Pontigny. En 1147, il devient abbé du monastère de l’Étoile, de la filiation de Pontigny, non loin de Poitiers. Puis on le trouve dans l’île de Ré, où le monastère de Notre-Dame des Châteliers, qu’il a fondé, vit dans une grande pauvreté. Il y meurt en 1178. Isaac est un homme cultivé, il a reçu une bonne formation littéraire, philosophique, théologique, il a beaucoup d’idées originales qu’il exprime de façon imagée.

Comme tout bon cistercien, Isaac a écrit un traité « De anima », mais son ouvrage le plus important, par lequel il exerça le plus d’influence, est un recueil de 54 sermons disposés selon l’année liturgique, qu’il veut être « une exhortation capable d’édifier les frères ». L’abbé parle à ses moines dans le but de leur apporter une nourriture spirituelle, et de les faire progresser. Il y fait preuve d’une profonde unité intérieure. C’est le Christ qui recrée l’unité dans le cœur de l’homme après la rupture du péché. Et c’est le Christ aussi qui refait l’unité du Corps mystique, le Christ total.

Source : Abbaye de Cîteaux


Solennités en juin

LUNDI 4 JUIN – Anniversaire de la Dédicace de notre église – Solennité

Horaire du dimanche – Messe à 10h

VENDREDI 8 JUIN – Solennité du Sacré Coeur

Horaire du dimanche – Messe à 10h

SAMEDI 9 JUIN – Coeur Immaculé de Marie – Mémoire

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

VENDREDI 29 JUIN – Saint Pierre et Saint Paul – Apôtres – Solennité

Messe à 10h

N.B. – tous les lundis (sauf le 4), jour de désert, messe lue, vêpres à 18h

Calendrier du mois – Messes-Juin-2018 


Mai – Marie notre mère

Mois de MAI

Marie

Marie Vierge mère - Louis Bréa - Chapelle de la Miséricorde - Nice

Marie Vierge mère – Jean Miralheti (1429) – Chapelle de la Miséricorde – Nice

Vierge mère

Notre mère

Ecoutons Guerric dans son sermon 1 pour l’Assomption

Marie a engendré un seul fils. Comme celui-ci est le Fils unique du Père dans les cieux, il est aussi le fils unique de sa mère sur la terre. Pourtant cette unique vierge mère, qui eut la gloire de mettre au monde le Fils unique de Dieu embrasse ce même Fils dans tous ses membres. Elle ne rougit pas d’être appelée la mère de tous ceux en qui elle reconnaît son Christ déjà formé ou en train de l’être.

L’ancienne Ève fut une marâtre plus qu’une mère : elle offrit à ses enfants un premier arrêt de mort, avant même qu’ils aient vu le jour. Et pourtant on l’appelle la « mère des vivants » ! Mais puisqu’elle n’a pu réaliser fidèlement le sens de son nom, c’est Marie qui en accomplit le mystère. Comme l’Église dont elle est la figure, elle est la mère de tous ceux qui renaissent à la vie. Oui, elle est la mère de la Vie par laquelle vivent tous les hommes ; en lui donnant naissance, elle a en quelque sorte donné une nouvelle naissance à tous ceux qui doivent vivre de cette vie. Un seul naissait, mais tous nous renaissions.

Cette bienheureuse mère du Christ, qui se sait mère des chrétiens en raison de ce mystère, se montre aussi leur mère par le soin qu’elle prend d’eux et l’affection qu’elle leur témoigne. Elle n’est pas dure envers ses fils, comme s’ils n’étaient pas nés d’elle. Ses entrailles fécondées une seule fois, mais non pas épuisées, ne cessent jamais d’enfanter des fruits de tendresse. Le fruit béni de ton sein, douce mère, t’a laissée toute remplie d’une inépuisable tendresse : né de toi une seule fois, il demeure et se répand toujours en toi ; et dans le jardin fermé de ta chasteté, il fait abonder constamment les eaux de ta source scellée. Source scellée, certes, mais qui s’écoule au dehors : ses eaux nous sont distribuées sur les places.

Si le serviteur du Christ, engendre toujours et toujours ses petits enfants par sa sollicitude et son tendre désir, jusqu’à ce que le Christ soit formé en eux, combien plus le fera la propre mère du Christ. Paul a engendré des fils en prêchant la Parole qui les régénérait ; mais Marie l’a fait de façon bien plus sainte et plus divine en engendrant la Parole elle-même. Certes, je loue chez Paul le ministère de la prédication, mais j’admire et je vénère plus encore en Marie le mystère de la génération.

Mais vois si, de leur côté, les enfants ne reconnaissent pas leur mère. Poussés par une sorte d’instinct naturel inspiré par la foi, ils recourent spontanément et irrésistiblement à l’invocation de son nom en tous leurs besoins et dans tous les dangers, comme des enfants se jettent dans le sein de leur mère. Aussi je ne crois pas déplacé d’appliquer à ces enfants-là la promesse du prophète : « Tes fils habiteront en toi », sans perdre de vue toutefois que cette prophétie s’applique principalement à l’Église. Car dès maintenant nous habitons à l’abri de la mère du Très-Haut, nous demeurons sous sa protection et comme à l’ombre de ses ailes. Plus tard nous partagerons sa gloire, et nous serons comme réchauffés en son sein. Alors retentira ce cri unanime des enfants acclamant leur mère : « Nous tous qui sommes dans la joie, notre demeure est en toi », sainte Mère de Dieu.

Bienheureux Guerric d’Igny – Sermon 1 pour l’Assomption, 2-4 – Extraits
Texte intégral

Qui est Guerric d’Igny – Abbé cistercien (vers 1080 – 1157)

La naissance de Guerric se situe entre 1070 et 1080 à Tournai, donc 10 à 20 ans avant celle de Bernard. Il reçoit son éducation à l’école cathédrale de Tournai : humanité, dialectique et théologie, ce qui lui vaudra un talent d’écrivain bien formé et développé. Sans doute bénéficiera-t-il de l’enseignement d’un maître fameux, Odon de Cambrai. Sans doute aussi sera-t-il chanoine de la cathédrale et chargé de l’école cathédrale. Mais, en 1116, il décide de mener la vie érémitique et se retire dans une petite maison, à proximité de l’église. Il entend parler de saint Bernard par deux de ses amis et visite Clairvaux en 1120, sans avoir l’intention d’y rester. Mais Bernard qui reconnaît en lui l’étoffe d’un bon moine, le presse d’entrer. Le voici novice à Clairvaux, un novice plus âgé que son abbé, et sur le plan humain, doté de plus d’expérience et de maturité. Guerric reste 13 ans à Clairvaux, période qui coïncide avec le plein épanouissement des dons de Bernard et sa meilleure production littéraire. Puis vers 1138, il est envoyé à Igny, en Champagne, qui a été fondée en 1128, et il en devient abbé. Il a environ 60 ans. Sa mauvaise santé le rend incapable de mener la vie commune et de prendre sa part du travail manuel. Il le regrette, car il voit dans cette observance du travail des mains une des voies où l’on rencontre Jésus. Sous l’abbatiat de Guerric, Igny prospère, les vocations arrivent nombreuses. Pourtant c’est uniquement à son œuvre, à ses sermons que sera due l’influence postérieure de Guerric qui meurt en 1157. Nous n’avons de Guerric que le recueil de ses sermons. Tous, sauf le dernier, ont pour sujet les fêtes de l’année liturgique. Guerric y insiste sur les mystères liturgiques et sur la formation du Christ en l’âme de ceux qui y participent. En maints endroits, il reprend l’idée origénienne de la conception et de la naissance du Christ en l’âme. En recevant les sacrements et en imitant le Seigneur, nous le faisons naître en nous. L’âme devient alors « Mère du Christ », et Celui-ci nous donne la vraie vie en communiquant l’Esprit qui procède du Père et de lui.

Voir également la page « Quelques auteurs cisterciens »


Solennités en mai

JEUDI 10 MAI – Solennité de l’Ascension du Seigneur

Horaire du dimanche – Messe à 10h

SAMEDI 12 MAI – Férie

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

JEUDI 31 MAI – Solennité de la Visitation de la Vierge Marie

Horaire du dimanche – Messe à 10h

N.B. – tous les lundis (sauf le 21), jour de désert, messe lue, vêpres à 18h

Calendrier du mois – Messes-Mai-2018


Avril – Résurrection

AVRIL

Résurrectionresurrection-480

Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Ecoutons Saint Bernard dans son sermon 1 pour la résurrection

Nous voyons bien qu’il y eut avant lui plusieurs morts qui ressuscitèrent, ou du moins qui revinrent à la vie; mais tous ces ressuscités ne sont que comme les précurseurs du Christ, dont la résurrection dépasse de beaucoup les leurs. En effet, tous les autres ne ressuscitèrent que pour mourir une seconde fois, or « Jésus-Christ ressuscite d’entre les morts pour ne plus mourir, la mort ne doit plus avoir d’empire sur lui (Rm 6,9).» Les autres morts ont encore besoin de ressusciter une seconde fois: quant au Christ, s’il est mort à cause du péché, il n’est mort qu’une fois, et s’il vit maintenant, il vit pour Dieu, il vit pour l’éternité (Rm 6,10). C’est donc avec raison que nous disons de lui qu’il est le premier de ceux qui ressuscitent, car il est si bien ressuscité qu’il ne peut plus déchoir de la vie immortelle où il est remonté.

Il y a encore un point où éclate la gloire incomparable de cette résurrection. Quel est celui de tous les autres ressuscités qui s’est ressuscité lui-même ? Il est inouï qu’un homme, dormant un sommeil de mort, se soit éveillé de lui-même, c’est un fait unique, il n’a jamais été donné à qui que ce soit, non, absolument à personne, de l’accomplir. Le prophète Élisée ressuscita un mort (2 R 4,35), mais un autre mort que lui-même, et, depuis tant d’années qu’il repose au fond de son sépulcre, il attend qu’un autre l’en fasse sortir; car il ne saurait sortir de lui-même; et celui dont il attend cela, c’est Celui qui a triomphé de l’empire de la mort dans sa propre personne. Voilà pourquoi aussi, quand nous parlons des autres, nous disons qu’ils ont été ressuscités; et, en parlant de Jésus-Christ, qui seul est sorti de son sépulcre par sa propre force, nous disons qu’il est ressuscité, attendu que c’est en cela même que le Lion de Juda a vaincu (Ap 5,5). Que pourra-t-il, ou plutôt que ne pourra-t-il point, maintenant qu’il est plein de vie et qu’il dit à son Père : « Je suis ressuscité et me retrouve avec toi (Ps 139, 19).» Que ne pourra-t-il point ce Dieu puissant qui fut compté parmi les morts, mais qui, dans leurs rangs, se trouva libre des chaînes de la mort ?

Mais, de plus, il ne retarda point sa résurrection au-delà du troisième jour, afin d’accomplir la parole du Prophète qui avait dit : « Après deux jours il nous rendra la vie, et le troisième jour il nous ressuscitera (Os 6,3).» Il convient évidemment que les membres marchent sur les traces de leur chef. Ce fut le sixième jour de la semaine qu’il racheta l’homme sur la croix, le même jour que, dans le principe, il l’avait créé, et le lendemain il entra dans le sabbat du tombeau, pour s’y reposer de l’œuvre qu’il venait d’achever. Trois jours après, c’est-à-dire le premier jour de la semaine, celui que nous appelons les prémices de ceux qui dorment du sommeil de la mort même, il apparut vainqueur de la mort. C’était l’homme nouveau (Ep 2, 15). Voilà comment nous tous qui marchons sur les pas de notre chef, tout au long de ce jour où nous avons été créés et rachetés, nous ne devons cesser de faire pénitence, de porter notre croix et d’y demeurer attachés comme il y demeura lui-même, jusqu’à ce que l’Esprit-Saint nous dise de nous reposer de nos fatigues. Qui que ce soit qui nous conseille de descendre de la croix, ne l’écoutons point; non, mes Frères, n’écoutons ni la chair, ni le sang, ni même l’esprit qui nous le conseillerait. Demeurons attachés à la croix, mourons sur la croix, n’en descendons que portés par des mains étrangères, que ce ne soit jamais par le fait de notre légèreté.

Ce furent des hommes justes qui détachèrent notre chef de la croix, puisse-t-il nous faire la grâce de charger ses anges de nous descendre de la nôtre, afin que, après avoir vécu en hommes le jour de la croix, nous goûtions le second jour, qui est celui qui commence à notre mort, un doux repos, dans l’heureux sommeil du tombeau, en attendant l’accomplissement de nos espérances et la gloire de notre grand Dieu qui doit ressusciter nos corps le troisième jour, et les rendre semblables à son corps glorieux.

Saint Bernard – Sermon 1 pour le Jour de Pâques – 6-8 (extraits)
Texte intégral


Solennités en avril

DIMANCHE 1er AVRIL – Pâques

– 7h30 : Laudes
– 10h00 : Messe
– 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 17h00 : Vêpres + Adoration
– 20h : Complies

LUNDI 2 AVRIL – Lundi de Pâques

– 5h30 : Vigiles
– 8h00 : Laudes
– 10h00 : Messe
puis horaire du dimanche de Pâques

LUNDI 9 AVRIL – Solennité de l’Annonciation du Seigneur

Horaire du dimanche – Messe à 10h

SAMEDI 14 AVRIL – Férie

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

N.B. – tous les lundis (sauf les 2 et 9), jour de désert, messe lue, vêpres à 18h

Calendrier du mois – Messes-Avril-2018


Solennités en mars

SAMEDI 10 MARS – Férie

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

LUNDI 19 MARS – Solennité de saint Joseph

Horaire du dimanche – Messe à 10h

TRIDUUM PASCAL

JEUDI 29 MARS – Jeudi Saint

– 6h15 : Vigiles
– 8h30 : Laudes
– 9h30 : Tierce
– 11h45 : Sexte
– 14h00 : None
– 18h : Messe et procession du Saint Sacrement
– 20h45 :  Complies – Lecture au reposoir (Jean 13-17) – Oraison.

VENDREDI 30 MARS – Vendredi Saint

– 6h15 : Vigiles
– 8h30 : Laudes
– 9h30 : Tierce
– 11h45 : Sexte
– 14h00 : None
– 15h00 : Célébration de la Passion du Seigneur
– 19h30 :  Complies

SAMEDI 31 MARS – Samedi Saint

– 6h15 : Vigiles
– 8h30 : Laudes
– 9h30 : Tierce
– 11h45 : Sexte
– 14h00 : None
– 17h15 : Vêpres
– 22h : Vigile Pascale et messe

DIMANCHE 1er AVRIL – Pâques

– 7h30 : Laudes
– 10h00 : Messe
– 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 17h00 : Vêpres + Adoration
– 20h : Complies

LUNDI 2 AVRIL – Lundi de Pâques

– 5h30 : Vigiles
– 8h00 : Laudes
– 10h00 : Messe
– 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 17h00 : Vêpres + Adoration
– 20h : Complies

N.B. – tous les lundis (sauf le 19), jour de désert, messe lue, vêpres à 18h

Calendrier du mois – Messes-Mars-2018   

Horaires de la Semaine SainteOFFICES-SEMAINE-SAINTE-2018


Mars – Le Seigneur sauve

MARS

Christ fidèleChrist-Rio-480

Christ modèle

Le Seigneur sauve…

Ecoutons Isaac de l’Etoile dans son sermon 15

Le Seigneur est fidèle et il ne permettra pas que les siens soient tentés au-delà de ce qu’ils peuvent porter, mais avec la tentation, il donne d’en tirer profit ; et si la tentation augmente, la vertu de patience augmente aussi, et par cela même augmente la récompense que gagne, seule, la persévérance. Aussi, frères, chaque fois que la tentation nous attaque, que ce soit celle qui provient de la maladie, de la pauvreté, d’une ascèse trop sévère, de l’exil qui se prolonge, de l’ennui dans une solitude si écartée et un silence profond, ou bien dans les tentations de tous genres qui sont innombrables, réveillons le Christ endormi, grâce à la lecture, la méditation, l’oraison.

Prêtons attention à l’enseignement de sa croix et de sa Passion subie pour nous. Mordus que nous sommes par le serpent qui rampe en bas, contemplons le Serpent suspendu en haut. Car, dit le bienheureux apôtre Pierre, « Le Christ a souffert pour nous, vous laissant un exemple afin que vous suiviez ses traces ». Trouvons donc là, mes bien-aimés non seulement un exemple à suivre, mais un contrepoison, pour qu’une fois mordus, nous ne mourions pas. Trouvons là non seulement la force d’avoir le courage de supporter les épreuves, mais aussi la grâce de persévérer ; trouvons-là non seulement le modèle pour la lutte, mais aussi l’énergie nécessaire pour parvenir à la victoire.

Ici cette colombe prudente et simple a fait son nid dans les trous de la pierre, dans les creux de la muraille. Ici « la tourterelle s’est trouvée un nid pour y mettre ses petits : tes autels, ô Seigneur des vertus », d’où monte une bien douce odeur de myrrhe et d’encens, comme il est écrit : « Un sacrifice à Dieu, c’est un cœur brisé ; le cœur brisé, contrit, Dieu ne le méprise pas ». Elle ne l’ignorait pas et savait bien où elle allait, celle qui disait : « J’irai à la montagne de la myrrhe, à la colline de l’encens ». Car sentant en elle-même la fatigue et le trouble, l’âme a commencé à se souvenir du Seigneur Jésus, c’est-à-dire de son propre Sauveur. Elle pense à lui, non pas du haut du ciel où il est monté vers la gloire qu’il a possédée auprès du Père, avant la création du monde, mais de la terre du Jourdain, c’est-à-dire de la montée, et « de l’Hermon, humble montagne où l’abîme appelle l’abîme ». Ce qui signifie que la mortification qui nous incombe, appelle comme modèle et secours la mort du Christ, que notre souffrance appelle sa souffrance, et notre patience sa patience.

C’est également sur cette montagne de la myrrhe que Paul fait monter ceux auxquels il dit : « Vous êtes morts, et votre vie est cachée en Dieu avec le Christ ». Ainsi donc, au souvenir de notre Sauveur, et surtout de sa tendresse et de sa patience où il nous révèle son très grand amour à notre égard et nous en donne le modèle, résistons à la fatigue, tenons bon, immobiles devant les tentations de toutes sortes, associés pour lui à ses souffrances, afin d’être avec lui associés à sa gloire. Qu’il nous donne cette grâce lui-même, lui sans qui nous ne pouvons rien, lui en qui nous pouvons tout, lui qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Isaac de l’Etoile – Sermon 15, 11.

Qui est Isaac de l’Etoile

De nationalité anglaise, né vers 1110, venu en France tout jeune pour achever ses études, Isaac entre sans doute à l’abbaye de Pontigny. En 1147, il devient abbé du monastère de l’Étoile, de la filiation de Pontigny, non loin de Poitiers. Puis on le trouve dans l’île de Ré, où le monastère de Notre-Dame des Châteliers, qu’il a fondé, vit dans une grande pauvreté. Il y meurt en 1178. Isaac est un homme cultivé, il a reçu une bonne formation littéraire, philosophique, théologique, il a beaucoup d’idées originales qu’il exprime de façon imagée.

Comme tout bon cistercien, Isaac a écrit un traité « De anima », mais son ouvrage le plus important, par lequel il exerça le plus d’influence, est un recueil de 54 sermons disposés selon l’année liturgique, qu’il veut être « une exhortation capable d’édifier les frères ». L’abbé parle à ses moines dans le but de leur apporter une nourriture spirituelle, et de les faire progresser. Il y fait preuve d’une profonde unité intérieure. C’est le Christ qui recrée l’unité dans le cœur de l’homme après la rupture du péché. Et c’est le Christ aussi qui refait l’unité du Corps mystique, le Christ total.

Source : Abbaye de Cîteaux