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Février – Crainte et Amour

Mois de Février

« Crainte et Amour »

Galand de Reigny 

echelle-jacob-400Il était un prince, homme honorable et bon, doté d’une très nombreuse maisonnée : elle comprenait tant des fils que des esclaves et aussi des affranchis… S’il jugeait que certains de ses esclaves étaient d’un bon naturel et s’appliquaient à vivre dans la droiture, il les mettait au rang de ses affranchis en leur faisant don de la liberté. Aussi ne le serviraient-ils plus pour rien ni par contrainte comme précédemment : en vertu d’un contrat passé avec eux, ils s’acquitteraient désormais de fonctions plus honorables et accompliraient des tâches plus importantes, plus dignes, en échange d’un salaire convenable.

Si en outre il remarquait que dans cette situation d’hommes libres ils brillaient par leurs mœurs honnêtes et faisaient preuve d’une noblesse d’âme au-dessus de leur condition, il les faisait avancer en les mettant au rang et au nombre des fils, en tant que dignes d’un plus grand honneur. Il les établissait ses héritiers, leur donnait droit à sa succession à égalité avec ses propres enfants.

Si, par contre il reconnaissait que l’un de ses fils était de mœurs serviles et qu’il dégénérait du noble zèle paternel, alors, irrité de sa folie, il le plaçait pour un temps dans le groupe de ses affranchis. Mais s’il voyait par la qu’une fois entré dans cette voie de paresse il tenait résolument à s’y maintenir, il l’abaissait bientôt au rang des esclaves et l’écartait du groupe de ses héritiers ; spectacle qui pourrait rappeler cette échelle par laquelle Jacob vit des anges monter et descendre »,

Apprends maintenant où tout cela veut en venir. Ce maître de maison, c’est Dieu. Quant à savoir qui sont ses esclaves, ses affranchis et ses fils, nous allons l’exposer dans l’ordre. Puisque craindre et agir par contrainte appartient aux esclaves, ceux qui n’obéissent à Dieu que par crainte et effroi des supplices dont ils sont menacés sont esclaves. Ils semblent effectuer un service moins volontaire que forcé, extorqué : s’il pouvait se faire qu’il n’y ait pas d’Orcus * ils ne voudraient plus faire que le mal. Quant aux affranchis, le joug de la crainte servile ne les opprime plus, mais ils obéissent cependant en vue d’une récompense céleste : si par hasard cette récompense faisait défaut ils ne trouveraient plus bon d’obéir. Bien plutôt, si le salaire de leur service leur était dérobé à supposer la chose possible eux-mêmes aussi se déroberaient bientôt à tout service. Les fils, eux, ont au cœur la charité : ils se plaisent également aux autres vertus, évitent le mal parce qu’ils le haïssent et font le bien parce qu’ils l’aiment et s’y délectent : au point que, même s’il pouvait se faire que la damnation n’attende plus les méchants ni la gloire les bons, eux cependant ne voudraient jamais ni faire le mal ni délaisser le bien. En résumé, les esclaves obéissent par crainte, les affranchis en vue d’une récompense, les fils par amour du bien lui-même.

Veux-tu savoir comment d’esclave on devient affranchi et d’affranchi fils ? Écoute. Il arrive souvent qu’un homme qui au début de sa conversion a renoncé à ses péchés par la seule crainte des châtiments, comme un esclave, cesse de redouter l’éternelle damnation des réprouvés après avoir satisfait par une bien longue pénitence, confiant qu’il est désormais en la miséricorde de Dieu. … Il lui faut donc s’appliquer, lui qui est déjà passé de l’état d’esclave à celui d’affranchi, à passer du rang d’affranchi à celui de fils. Ce sera enfin le cas lorsque l’Esprit-Saint répandra dans son cœur une disposition aussi bonne, aussi pure que celle des fils.

Sources Chrétiennes 378. Parabolaire, Parabole 32, 1…3
*Orcus : Dieu des Enfers romain dont la vocation était de tourmenter les criminels après leur mort.

Galand de Reigny – Moine cistercien de l’abbaye de Reigny (diocèse d’Auxerre), fondation de Clairvaux, Galand ne nous est connu que par son nom, et par les renseignements que l’on peut tirer de son œuvre. Il appartint d’abord à un groupe d’ermites établi dans le diocèse d’Autun, puis sa communauté voulut s’affilier à Clairvaux et, pour des raisons de salubrité, le monastère fut transféré à Reigny en 1134. Contemporain et admirateur de Bernard de Clairvaux, il lui adresse ou soumet ses œuvres. Il nous a laissé un Parabolaire et un Petit livre de Proverbes, destinés au public ordinaire des moines.


Solennités en février

Cette page indique uniquement les Solennités et autres fêtes ou particularités du mois.
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LUNDI 2 FEVRIER – Solennité de la Présentation du Seigneur

Horaire du dimanche
– 10h00 : Messe

SAMEDI 14 FEVRIER – Saints Cyrille et Méthode – Fête

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

MERCREDI 18 FEVRIER – Mercredi des Cendres – Entrée en Carême

Horaires habituels de semaine

N.B. – tous les lundis, sauf le 2, plus le mardi 3, jour de désert, messe lue, Vêpres à 18h

Calendrier du mois : Messes-Février-2026 


Janvier – Aimer Dieu

Mois de Janvier

« Aimer Dieu se suffit à lui-même »

Saint Bernard 

Chapelle_Ste_Anne-450Ce n’est pas sans récompense que l’on aime Dieu, bien qu’on doive se garder de l’aimer en vue d’une récompense. Car si la véritable charité ne peut être sans récompense, elle n’est pourtant pas mercenaire. « Elle ne recherche pas son avantage ». Elle est une tendresse, non une promesse ; on ne l’acquiert pas avec une facture, on ne l’achète pas. La charité nous touche spontanément et nous rend spontanés. Le véritable amour se suffit à lui-même. Il a sa récompense, qui n’est autre que l’objet aimé. Le véritable amour se suffit à lui-même. Il a sa récompense, mais c’est ce qu’il aime. Car quel que soit l’objet que tu sembles aimer, ce que tu aimes vraiment, c’est le but où tend ton amour, et non pas le chemin qui y conduit. Paul n’évangélise pas pour manger, mais il mange pour évangéliser, car il aime, non la nourriture, mais l’Évangile.

Le véritable amour ne recherche pas sa récompense, mais il la mérite. On propose une récompense à qui n’aime pas encore, on la doit à qui aime, on la donne à qui persévère. Ainsi, lorsque nous voulons engager quelqu’un à faire des choses de peu d’importance, nous invitons par des promesses ou des cadeaux, ceux qui n’y tiendraient pas et n’accepteraient pas volontiers. Qui, en effet, penserait devoir rémunérer quelqu’un pour qu’il fasse ce qu’il désire volontiers ? Personne, par exemple, ne donnerait un salaire à un affamé pour le faire manger, à un assoiffé pour qu’il boive, ni bien sûr à une mère pour qu’elle allaite son petit, le fils de ses entrailles. Combien plus l’âme qui aime Dieu ne recherche-t-elle que Dieu en récompense de l’amour. Ou bien, si elle cherche autre chose, tiens pour certain qu’elle n’aime pas Dieu !

Je l’ai donc dit : la cause de notre amour de Dieu, c’est Dieu. Et j’ai dit vrai, car il est celui qui fait notre amour, et c’est à lui que tend notre amour. C’est lui qui donne l’occasion, lui qui crée l’affection, lui qui mène le désir à son achèvement. Lui-même fait qu’on l’aime ; ou plutôt il s’est fait homme pour être aimé. Nous espérons l’aimer un jour avec plus de joie pour ne pas l’avoir aimé en vain. Son amour prépare et récompense le nôtre. Il le prévient avec plus de bonté, il est payé de retour avec plus de justice, il est attendu avec plus de douceur. Afin qu’on ne l’ait pas aimé en vain, nous espérons pouvoir l’aimer un jour avec plus de bonheur encore. « Dieu est riche pour tous ceux qui 1’invoquent », et pourtant il n’a rien de meilleur que lui-même. Il s’est donné pour mériter notre amour, il se réserve pour être notre récompense, il se constitue « le réconfort des âmes saintes « , il se livre en rançon pour les âmes captives.

“Tu es bon, Seigneur pour l’âme qui te cherche”. Que sera-ce donc pour celle qui te trouve ? Car voici qui est admirable : personne ne peut te chercher s’il ne t’a d’abord trouvé. Tu veux donc être trouvé pour qu’on te cherche ; être cherché pour qu’on te trouve. On peut te chercher et te trouver, mais non te devancer.

Traité de l’amour de Dieu, Chapitre VII, 17 ; 22 (extraits)
Texte intégral


Solennités en janvier

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JEUDI 1er JANVIER – Sainte Mère de Dieu – Journée Mondiale pour la Paix

Horaire habituel du dimanche
– 7h30 : Laudes
– 8h45 : Tierce
– 10h00 : Messe
– 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 16h30 : Vêpres + Adoration
– 20h00 : Complies

VENDREDI 2 – SAMEDI 3 JANVIER

Horaires modifiés
– 11h00 : Messe

DIMANCHE 4 JANVIER 2026 – Epiphanie

– 7h30 : Laudes
– 8h45 : Tierce
– 10h00 : Messe
– 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 14h00 : Marche méditative pour la Paix, animée par Pax Christi (vers l’abbaye depuis le village de Castagniers, départ de l’église du village)
– 15h00 : Collation – Temps d’échange
– 16h00 : Vêpres + Adoration
– 20h00 : Complies

LUNDI 26 JANVIER – Solennité des Saints fondateurs de Cîteaux : Saint Robert, Saint Albéric et Saint Etienne (moines bénédictins de Molesmes, dans la mouvance de Cluny)

Horaire habituel du dimanche – Messe à 10h

N.B. – tous les lundis, sauf le 26, plus le mardi 27, jour de désert, messe lue, Vêpres à 18h

Calendrier du mois : Messes-Janvier-2026 


Déc. – Le Seigneur viendra !

Mois de Décembre

« Quand le Seigneur viendra ! »

Aelred de Rievaulx  

Nativite-350Le Seigneur vient d’abord pour nous libérer de nos péchés, mais dans son second avènement, il guérira toutes nos infirmités. C’est pourquoi le psalmiste exhorte son âme à bénir le Seigneur et dit : « Il te pardonne toutes tes offenses, il te guérit de toutes maladies ». Le premier membre de phrase a trait au premier avènement, l’autre au second. Dans son premier avènement, le Seigneur a effacé nos péchés ; mais nous souffrons encore de grandes infirmités, par suite de la peine que méritent nos péchés. Qui peut énumérer toutes les peines de cette vie : la faim, la soif, les travaux, les douleurs, les fatigues. Voilà pour le corps. Mais comme sont nombreuses les infirmités de l’âme ! Que de désirs mauvais, que de tentations !

Le Seigneur guérira toutes ces infirmités, et bien d’autres impossibles à dénombrer, lors de son second avènement, quand sera accompli ce que dit l’Apôtre : « Il faut que ce corps périssable revête l’incorruptibilité ». Par son premier avènement, notre Seigneur relève seulement notre âme, mais par son second, il redressera aussi notre corps. Comme nous servons ici-bas le Seigneur avec notre corps et notre âme, l’un et l’autre jouiront avec Dieu du parfait bonheur. Dans son premier avènement, il nous donne la foi qui nous permet de croire en lui, dans le second, il nous accordera ce qui permet de le voir. Non pas comme les impies le verront au jour du jugement ; car bons et mauvais le verront sous l’aspect qu’il avait lorsqu’il souffrit pour nous, ressuscita et monta aux cieux. Mais nous le verrons de la manière dont seuls ceux qui ont le cœur pur peuvent le voir. Ainsi le Seigneur dit : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». C’est-à-dire que nous verrons sa divinité, sa grandeur et sa beauté, comme le voient les anges. Car nous serons comme les anges dans le ciel ; si du moins nous l’aimons et le désirons, et si nous méprisons toutes les délices et honneurs de ce monde. Alors, sans aucun doute, nous le verrons, pleins de sécurité, sous cet aspect où il viendra juger les vivants et les morts, et nous le verrons, pleins de félicité sous cet aspect où il se montrera seulement aux bons qu’il conduira du jugement au Royaume.

Songeons-y maintenant, autant que nous le pouvons : quelle joie nous aurons et quel bonheur, si nous pouvons être en sécurité quand le Seigneur viendra avec grande puissance et majesté, alors que seront consumés terre et ciel. Non seulement nous ne craindrons pas quand il viendra, mais nous le regarderons, pleins de confiance.

C’est pourquoi, frères, si nous voulons goûter cette joie et cette assurance, appliquons-nous à aimer beaucoup notre Seigneur. Ne devons-nous pas l’aimer, lui qui est notre Créateur et Seigneur, et qui, de plus, est notre Rédempteur ? Par ailleurs, il n’est rien que nous pouvons aimer avec plus de sécurité. Car toute autre chose que nous aimons, nous la perdrons. Et si nous mettons notre amour dans des biens que nous devons perdre, quand le moment sera venu de nous en séparer, plus nous y aurons mis notre amour, plus notre tristesse sera grande.

C’est pourquoi aimons, pleins de confiance celui qui est toujours et qui toujours est bon et délectable. Oui, frères, aimons-le de telle manière que lorsque nous le verrons venir du ciel avec ses anges, nous n’ayons pas peur de sa venue, mais que nous courrions aussitôt à sa rencontre avec un grand désir, comme vers un ami très intime.

Premier sermon pour l’Avent (extraits)


Solennités en décembre

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LUNDI 8 DECEMBRE – Solennité de l’Immaculée Conception

Horaire du dimanche
– 10h00 : Messe

SAMEDI 13 DECEMBRE – Sainte Lucie – Mémoire

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

MARDI 24 DECEMBRE – Vigile de Noël

Horaires habituel de semaine jusqu’à None. Changement à partir de Complies
– pas de Complies
– 22h00 : Office des Vigiles de Noël
Minuit : Messe de Noël

MERCREDI 25 DECEMBRE – Solennité de la Nativité du Seigneur

Horaires habituel du dimanche
– 7h30 : Laudes
– 8h45 : Tierce
- 10h00 : Messe du Jour de Noël
- 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 16h30 : Vêpres + Adoration
– 20h00 : Complies

VENDREDI 26 – SAMEDI 27 DECEMBRE

Horaires modifiés
– 11h00 : Messe

DIMANCHE 28 DECEMBRE – Fête de la Sainte Famille

Horaire habituel du dimanche
– 7h30 : Laudes
– 8h45 : Tierce
– 10h00 : Messe
- 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 16h30 : Vêpres + Adoration
– 20h00 : Complies

MARDI 30 DECEMBRE

Horaires modifiés
– 11h00 : Messe

MERCREDI 31 DECEMBRE

Horaires modifiés
– 11h00 : Messe
– 23h30 : Vigiles de la Sainte Mère de Dieu

JEUDI 1er JANVIER – Sainte Mère de Dieu – Journée Mondiale pour la Paix

Horaire habituel du dimanche
– 7h30 : Laudes
– 8h45 : Tierce
– 10h00 : Messe
– 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 16h30 : Vêpres + Adoration
– 20h00 : Complies

VENDREDI 2 – SAMEDI 3 JANVIER

Horaires modifiés
– 11h00 : Messe

DIMANCHE 4 JANVIER 2026 – Epiphanie

– 7h30 : Laudes
– 8h45 : Tierce
– 10h00 : Messe
– 11h45 : Sexte
– 13h30 : None
– 14h00 : Marche méditative pour la Paix, animée par Pax Christi (vers l’abbaye depuis le village de Castagniers, départ de l’église du village)
– 15h00 : Collation – Temps d’échange
– 16h00 : Vêpres + Adoration
– 20h00 : Complies

N.B. – tous les lundis, sauf le 8, plus le mardi 9, jour de désert, messe lue, Vêpres à 18h

Calendrier du mois : Messes-Décembre-2025 – Horaires Noël-2025


Synode synodalité ici !

Le synode sur la synodalité

C’est fini à Rome, ça commence chez nous !

Petits pas vers une église authentiquement synodale

Le père Alphonse Borras, canoniste, expert et consulteur au dernier synode, guidera notre réflexion

Le lundi 24 novembre, à l’abbaye Notre-Dame de la Paix (Castagniers)

  • 10h conférence
  • 14h atelier de mise en pratique

Ouvert à tous ! Merci d’annoncer votre participation par mail à :

accueil@abbayenotredamedelapaix.fr 

N.B. Pour la participation à la journée complète, merci d’apporter un pique-nique


Nov. – Trois sortes de saints

Mois de Novembre

« Il y a trois sortes de saints  »

Saint Bernard  

Toussaint-350C’est fête aujourd’hui pour nous, et la solennité de ce jour compte parmi les plus grandes solennités. Que dis-je ? De quel apôtre, de quel martyr, de quel saint est-ce la fête ? Ce n’est pas la fête d’un saint en particulier, mais la fête de tous les saints, car personne de nous n’ignore que cette fête est appelée, et est, en effet, la fête de tous les saints, oui, de tous, non seulement des saints du ciel, mais encore de ceux de la terre ; car il y a les saints du ciel et les saints du la terre, et même parmi ces derniers, les uns sont encore sur la terre, tandis que les autres se trouvent déjà dans le ciel. On fait donc en commun la fête de tous ces saints-là, mais ne la fait-on pas tout à fait de la même manière. Après tout, il ne faut pas s’en étonner, puisque la sainteté des uns n’est pas celle des autres, et qu’il y a une différence quelque fois même très grande entre un saint et un autre saint.

 Il est certain que les saints sont appelés saints et cela avec vérité, les uns dans un sens et les autres dans un autre…. En effet, il ne semble pas qu’on puisse honorer comme des athlètes triomphants ceux qui n’ont jamais combattu, et pourtant, pour mériter un culte différent, ils n’en sont pas moins dignes des plus grands hommages, puisqu’ils sont tes amis, ô mon Dieu, et qu’ils ont toujours été attachés à ta volonté avec autant de félicité que de facilité.

  Chez les hommes, il y a un autre genre de sainteté qui mérite des honneurs à part ; c’est la sainteté de ceux qui   viennent de la grande épreuve et qui ont lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l’Agneau (Ap 7,14) et qui triomphent enfin après bien des luttes et reçoivent la couronne de la victoire dans les cieux, parce qu’ils ont combattu les légitimes combats.

 Y a-t-il encore une troisième sorte de saints ? Oui, mais ils sont cachés. Ce sont, ceux qui militent encore, qui combattent toujours, qui courent dans la carrière et n’ont point encore obtenu le prix.

 Mais à quoi bon les louanges que nous adressons aux saints, à quoi bon célébrer leur gloire et faire parmi nous leur fête ? Pourquoi prodiguer les honneurs de la terre à ceux que, selon la promesse véridique du Fils, le Père céleste honore lui-même ? Qu’ont-ils besoin de nos félicitations ? Ils ont tout ce qu’ils peuvent contenir de gloire. C’est vrai, mes bien-aimés, les saints n’ont pas besoin de nos honneurs, et notre dévotion n’ajoute rien à ce qu’ils ont. Mais il y va de notre intérêt, sinon du leur, que nous vénérions leur souvenir. Voulez-vous savoir quel avantage nous avons à leur rendre nos hommages ? Je vous avouerai que pour moi, leur mémoire fait naître en moi un violent désir… On dit vulgairement loin des yeux, loin du cœur. Or, mon œil à moi, c’est ma mémoire, et me rappeler le souvenir des saints, c’est en quelque sorte pour moi, les voir. Voir comment notre lot se trouve dans la terre des vivants, et ce n’est pas un lot médiocre, si toutefois le souvenir, en nous, ne marche point sans la charité. Oui voilà, dis-je, comment notre vie se trouve transportée dans les cieux, non point, toutefois, de la même manière que la leur s’y trouve à présent. En effet, ils s’y trouvent en substance et nous n’y sommes qu’en désir. Ils y sont effectivement présents, nous ne nous y trouvons que par le souvenir. Quand nous sera-t-il donné de nous réunir aussi à nos pères ? De leur être présentés en personne ? Tel est le premier désir que la mémoire des saints éveille ou tout au moins fait naître en nous. Quand jouirons-nous de leur société si désirable, quand serons-nous dignes d’être les concitoyens, les familiers des esprits bienheureux, d’entrer dans l’assemblée des patriarches, de nous unir au groupe des prophètes, au sénat des apôtres, aux innombrables bataillons des martyrs, aux confesseurs, et aux chœurs des vierges, en un mot, et de nous réjouir en commun dans la troupe entière des saints ?

  L’Église des premiers-nés nous attend, et nous négligeons d’aller rejoindre les saints qui nous appellent, et nous n’en tenons aucun compte. Réveillons-nous enfin, mes frères, ressuscitons avec le Christ, cherchons, goûtons les choses d’en haut. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, que nos cœurs tendent par leurs vœux, vers ceux qui les appellent. Dans la vie que nous partageons ensemble ici-bas maintenant, il n’y a ni sécurité, ni perfection, ni repos, et pourtant combien ne nous est-il pas doux et bon d’habiter en commun avec nos frères ? En effet nous arrive-t-il quelque chose de fâcheux, soit dans le corps, soit dans l’âme, il nous est plus facile de le supporter dans la société de nos frères, avec qui nous n’avons en Dieu qu’un cœur et qu’une âme. Combien plus douce, plus délicieuse et plus heureuse est l’union, que nul soupçon ne trouble, que nulle dissension n’altère, qui nous réunira par les liens indissolubles de la charité parfaite ? Et qui fera que nous ne serons plus qu’un dans le Père et dans le Fils, comme le Père et le Fils ne forment qu’un aussi.

Sermons pour la Toussaint – Cinquième sermon (extraits)
Texte intégral


Solennités en novembre

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SAMEDI 1er NOVEMBRE – Tous les Saints – Solennité

– 10h00 : Messe 

SAMEDI 8 NOVEMBRE – Mémoire de la Sainte Vierge

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

N.B. – tous les lundis, jour de désert, messe lue, Vêpres à 18h

Calendrier du mois : Messes-Novembre-2025   


Catalogue de Noël

Le catalogue de Noël est disponible.

Noel-2025-1

 

 

 

 

 

 

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– vente et retrait sur place ou expédition


Octobre – Chercher Dieu

Mois d’Octobre

« Chercher Dieu  »

Saint Bernard  

labyrinthe-chartres-450Nous savons ce que nous cherchons et quel est celui qui nous a conduits ici. Nous cherchons Dieu, nous attendons Dieu. Ce n’est pas une petite affaire, ni le fait d’une âme mesquine, puisque l’Épouse du Cantique, qui, du fait de son nom, se glorifie d’un amour particulier, se plaint souvent d’être déçue : “Je l’ai cherché, dit-elle, et je ne l’ai pas trouvé ». Car il est aussi admirable qu’aimable : on le trouve sans le chercher et on le cherche sans le trouver.

 Si nous étions nés dès que l’homme apparut sur la terre et si notre vie s’étendait jusqu’à cent mille ans, notre quête durant ce temps ne serait pourtant pas encore digne de la gloire future qui se révélera en nous. Voici maintenant le temps de chercher ; voici maintenant, à portée de mains, le jour propice pour trouver. Cherchez le Seigneur pendant qu’on peut le trouver, est-il dit, invoquez-le quand il est proche. »  –  « Tu es bon, Seigneur, pour l’âme qui te cherche » ! Si tu l’es pour celle qui te cherche, combien plus pour celle qui te trouve ! Si ton souvenir est si doux, que sera ta présence ? Si le lait et le miel sont doux sous la langue, que sera-ce sur la langue ?

Que cela vous serve de critère, frères, pour savoir si vous êtes dans la bonne voie, ou si vous vous en êtes écartés : « Joie, dit le psaume, pour le cœur qui cherche Dieu ». Si vous trouvez la joie au milieu des fatigues, si vous courez d’un pas sûr et infatigable dans la voie des commandements de Dieu, il est certain que vous cherchez toujours sa face.

Où donc s’en est allé le Bien-Aimé loin de celui qui l’aime, pour que nous le recherchions ? Où est-il ? Ah, malheureux, que dis-je ? Mais où donc n’est-il pas ? Il dit de Lui : « Je suis Celui qui suis. » Il est en toute vérité, car son être, c’est d’être ce qu’Il est.

Alors, quel rapport, quel lien peut-il y avoir entre celui qui n’est pas et Celui qui est ? Comment peuvent se joindre des êtres aussi dissemblables ? « Pour moi, dit un saint, adhérer à Dieu, c’est mon bonheur. » De manière directe, nous ne pouvons lui être unis, mais peut-être cette union sera-elle possible par quelque intermédiaire.

Il en est qui sont unis à Dieu par une sorte de colle, je veux dire par la charité, lien aussi agréable que sûr : adhérant au Seigneur, l’homme ne fait qu’un seul esprit avec Lui. Quoi qu’il fasse, quoiqu’il lui arrive, celui-là le fait tourner à son profit. Heureux cet homme, débordant de l’abondance magnifique de l’Esprit ! Par sa douceur et l’onction reçue, il supporte tous les hommes et se laisse porter par tous. Par cette colle, le regard divin nous a attachés à Lui dès le commencement du monde, pour que nous soyons saints et sans tache en sa présence, dans l’amour. N’est-ce pas notre bonheur de nous attacher à Dieu ?

Cherchez, Frères, cherchez le Seigneur et soyez plein de force. Cherchons donc de manière à le chercher toujours et qu’il puisse dire de nous en venant nous chercher : « Voici la race de ceux qui cherchent le Seigneur, qui cherchent la face du Dieu de Jacob. » Alors, que s’ouvrent les portes éternelles, et qu’il entre le Roi de Gloire, et nous aussi avec Lui, qui est Dieu béni pour les siècles.

Saint Bernard – Sermons divers – Sermon IV (extraits).
Texte intégral


Solennités en octobre

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SAMEDI 11 OCTOBRE – Saint Jean XXIII

– 11h00 : Messe pour la Paix
– 14h00 : None
– 14h15 à 17h00 : Adoration
– 17h15 : Vêpres

N.B. – tous les lundis, jour de désert, messe lue, Vêpres à 18h

Calendrier du mois : Messes-Octobre-2025